Le Basa Jauns
Contrairement au Tartaro, le Basa Jauns tient son rang de seigneur des forêts avec sa compagne, la Basa Andere, la Dame Sauvage. Et l’existence de ce couple, le génie et sa parèdre, fréquents dans la mythologie celte, pourrait bien symboliser l’union d’une communauté primitive avec son territoire. Il faut d’ailleurs noter que la Basa Andere demeure surtout dans le massif d’Iraty où il tient sa grotte, pleine d’or, et cette région de la Soule apparaît comme la zone originelle du seigneur et de la Dame Sauvage.
Cette dernière passe de longs moments à peigner sa chevelure, à l’aide d’un peigne d’or et ses richesses provoquent la convoitise des bergers. Untel approcha de sa demeure un jour, attiré par des éclats d’or au soleil : la Basa Andere était en train de brûler un grand chandelier en cuivre. La tentation était trop forte, le berger s’empara de l’objet rutilant et s’enfuit à toutes jambes. Basa Jaun, alerté par les cris de sa compagne, prend l’homme en chasse à travers les hauteurs d’Iraty. Près d’être atteint, le berger de réfugie enfin dans la chapelle de Saint-Sauveur et se met à sonnet la cloche de l’édifice pour chasser Basa Jaun dans cette petite chapelle ouverte une fois l’an pour le pèlerinage du saint.
Si Basa Jaun e craint pas les hommes, en revanche le seigneur tient en horreur les gens d’église. Un curé d’Arnéguy, que la légende dénomme Mus, en passant non loin de la caverne du Basa Jaun, un ostensoir à la main afin de conjurer les lieux. Il entendit une voix terrifiante le menacer : « Si tu t’approche, je te tue ! ». Le curé dû partir. D’ailleurs, on prétend à Arnéguy qu’il a fallu construire des oratoires et des ermitages pour se protéger du Seigneur Sauvage, et que les litanies des processions des rogations servent à éloigner sa mauvaise influence. A Larraun de Zuberoa (Guipuzcoa), il faut même chanter le Salve Regina chaque samedi pour que la Basa Jaun ne vienne pas gâter les récoltes…